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La Champignonnière Visite insolite à Orbec

La visite de la Champignonnière d’Orbec

L’automne c’est la saison des champignons. Les bois ne manquent pas sur la Destination Authentic Normandy mais c’est dans un lieu beaucoup plus original pour aller à la chasse aux champignons que je vous emmène découvrir aujourd’hui. Pour tout dire, cette visite associe l’insolite, le lieu atypique, l’histoire et la gastronomie…bref tout ce que j’aime !

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Une des dernières champignonnières en cave de Normandie

Me voici donc dans la charmante ville d’Orbec pile à l’heure devant l’entrée du roc et je ne suis pas seule. Ce dimanche là plus de 30 personnes ont aussi fait le déplacement. Il faut dire que « le Champignon d’Orbec » est vendu sur les marchés de la région. Les consommateurs séduits et avertis se demandant comment poussent leurs champignons préférés n’hésitent donc pas à consacrer un dimanche après-midi pour le découvrir.

Nous sommes accueillis par Monsieur Olivier Perrel le champignonniste en personne, c’est parti pour 1h15 d’une visite passionnante menée par un passionné !

De découverte en découverte

Avant de rentrer « en cave », il nous présente l’histoire du champignon et de son métier. Saviez-vous que les égyptiens consommaient des champignons, que la France a perdu son rang de premier producteur de champignons de Paris et qu’aujourd’hui il ne reste qu’une dizaine de champignonnières en cave naturelle sur notre territoire ?

Une fois le décor planté, nous entrons dans la cave, nous apprenons aussi que c’est une ancienne carrière de craie, exploitée du moyen-âge jusqu’au début du 20ème siècle et qui fait aujourd’hui la réputation de quelques beaux hôtels particuliers d’Orbec édifiés avec ce matériau.

Que chacun se rassure, nul besoin de bottes ou de chaussures de randonnées, des chaussures confortables suffisent pour le sol en terre battue ! En revanche, la petite laine est de rigueur puisqu’il fait entre 12 et 15° selon la température extérieure. De la même manière, le champignonniste, qui travaille habituellement dans le noir à la seule lueur de sa lampe frontale, met un place un éclairage suffisant pour ne pas perdre ses visiteurs dans les 6000m2 de galeries !

Première rencontre : le pleurote

Nous voici donc entre les murs de cette carrière, à lever le nez pour voir la trace des pics des carriers qui ont exploités le site et à suivre tranquillement notre hôte jusqu’au premier arrêt : le pleurote.

Parce que oui on dit et on écrit « le » pleurote. Nous écoutons avec attention les explications de Monsieur Perrel qui nous raconte tout de son mode de culture et des particularités de ce champignon qui peut être gris, rose ou même jaune. J’étais loin de penser en jetant mon pleurote dans une poêle avec une persillade à portée de main que les conditions de pousse sont si particulières !

Le champignon de Paris, star de la cave

Après le pleurote nous allons à la rencontre du champignon de Paris, la star de l’étale de Monsieur Perrel ! Enfin de Madame, puisque c’est elle et son sourire à toute épreuve que les clients rencontrent sur les marchés !

Ce champignon brun ou blanc représente 80% de la production totale de la cave d’Orbec, le reste étant réparti entre le pleurote et le shitaké. Il pousse sur des « tables » et là encore ce n’est pas si simple. Surtout lorsque le champignonniste travaille en cave naturelle et que c’est la nature qui « décide ». Nous voici tous pendus aux lèvres d’Olivier pour suivre l’aventure depuis la fabrication du compost par une entreprise spécialisée en passant par l’arrivée en cave à Orbec jusqu’à la première cueillette. Les questions sont les bienvenues, et chacun note les astuces du champignonniste pour bien conserver son produit à la maison.

Un lieu chargé d’histoire

Enfin, Monsieur Perrel nous invite à le suivre jusqu’au lieu de production de la dernière variété cultivée à Orbec : le shitaké.

Au détour des galeries notre guide nous présente un espace qu’il a aménagé pour évoquer l’histoire du lieu en 1944. En effet, la champignonnière a servi de lieu de refuge pour les civiles du lendemain du débarquement des Alliés sur les côtes normandes et jusqu’à la libération d’Orbec fin août 1944. Nous apprenons qu’il y eu jusqu’à 2127 personnes réfugiées dans ce lieu. A ce moment de la visite, nous sommes plongés dans l’atmosphère du lieu depuis assez longtemps pour saisir fugacement ce que devait être la vie ici à l’abri des bombardements. Je prends pleinement conscience de l’atmosphère, de murs et plafonds de pierre, de la pénombre, des odeurs…

Nous voici en Asie

Notre progression nous amène devant les rangées de ballots de bois compressés sur lesquels pousse le plus asiatique des habitants de cette cave : le shitaké. Les explications sont toutes aussi intéressantes et nous retenons tous que ce champignon à besoin de secousses…et oui, il est originaire d’une zone de séisme et la récolte est meilleure si les cueilleurs donnent un petit coup sec sur le support de pousse !

Les questions étant épuisées, Monsieur Perrel nous propose de retrouver la lumière du jour. Nous n’avons pas vue le temps passé, le calme du lieu, la passion de notre guide et toutes ces découvertes y sont pour beaucoup.

A la sortie, le clocher de l’église d’Orbec nous accueille et nous nous pressons pour acheter avec d’autant plus de plaisir les produits que Monsieur Perrel et son équipe cultivent avec tant de soin.

Si c’est quelques lignes vous ont donné l’eau à la bouche et des fourmis dans les jambes, je vous invite à réserver la prochaine visite guidée. C’est le premier dimanche de chaque mois et cela convient aux petits comme aux grands (idéalement à partir de 7 ans). Si vous êtes pressés de goûter, venez acheter sur place tous les vendredis de septembre à juin entre 14h et 16h ou sur les marchés locaux.

Delphine, Conseillère en séjour