Église Saint Germain & Saint Sébastien - Cambremer (Grandouet)

à Cambremer

  • Selon les sources historiques, l’église est aussi dédiée à Saint Martin ou encore Saint Gorgon.

    L’église est caractéristique du style ogival des campagnes du Pays d’Auge. La nef et le choeur en retrait se composent chacun de deux travées; les murs sont couronnés d'une corniche en pierre et de modillons (ornement sculpté placé sous une corniche ou un support) à figures qui, tous, ont été mutilés.

    Le chevet (extrémité de l’église au fond du chœur), droit à l’origine, était percé de trois lancettes étroites et longues (arc brisé de forme très allongée appartenant au style gothique et créant des ouvertures hautes et étroites). Elles ont été bouchées par suite de l'établissement de l'autel et de l’addition moderne à pans appliquée sur ce chevet (extrémité de l’église au fond du chœur) pour abriter la sacristie. Les fenêtres primitives des murs latéraux étaient toutes en forme de lancettes, étroites comme des meurtrières; plusieurs existent encore dans le mur Nord; d'autres, quoique bouchées, peuvent encore être reconnues dans le mur du midi.

    La tour, en bois et couverte en ardoise, se compose, comme la plupart de celles du pays, d'une flèche à base octogonale reposant sur un carré. Le porche en charpente et la porte d’entrée pourraient dater du XVIe siècle. Le porche est un élément d’architecture très fréquent en Pays d’Auge : il est le lieu de transition entre les mondes civil et religieux. Sous le porche, le curé pouvait informer les fidèles de la vie de la paroisse mais les notaires pouvaient tout autant intervenir pour régler des questions de droit. C’était aussi un lieu de vie où les habitants se réunissaient pour bavarder, à tel point qu’on évoque parfois les porches comme « caquetoires ».

    La disposition intérieure de l’édifice est originale : la nef présente une charpente autoporteuse comme à l’église de Notre Dame de Livaye, à la différence qu’elle repose sur une sablière et non pas directement sur le sol. Ce plafond se distingue aussi des fausses voûtes lambrissées en merrain fréquemment rencontrées en Pays d’Auge.

    Les pavés rouges et les pavés du Pré d’Auge émaillés blanc et bleu couvrent le sol de la nef. Il reste aujourd’hui peu d’exemples de ces pavages si fréquents en Pays d’Auge à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle.

    Le Pré-d'Auge était un village de potiers, près de Lisieux, fabriquant la céramique du Pré-d'Auge jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les suites de Palissy (vaisselle), les pavés et épis de faîtage ont fait sa renommée. A l’origine le sol de l’église devait être en terre battue.

    Le maître-autel et le retable en bois datent du premier tiers du XVIIIe siècle. A cette époque, les ailes des retables en tryptique accueillent des statues plutôt que des toiles. C’est le cas ici. Le tableau central, représentant la déploration du Christ, est une copie flamande d’une œuvre de Van Dyck dont l’original est conservé au musée des beaux-arts d’Anvers. Contrairement à l’antependium (élément décoratif destiné à orner le devant de l’autel) du maître-autel sur lequel figurent une croix de Malte et la colombe du Saint-Esprit, celui de l’autel secondaire représente, dans un médaillon central, un paysage agrémenté de roses et de tulipes.

    Les statues en terre cuite représentent, entre autres, Saint Sébastien, la Vierge à l’enfant ou encore Saint Gorgon. La statue polychromée en terre cuite de Saint Sébastien est un des rares témoignages de sculpture religieuse de la fabrique de terres cuites du Pré d’Auge.

    Une verrière décorative du XIVe siècle est inscrite au titre des Monuments Historiques.
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