Église Saint Ouen - Saint-Ouen-le-Pin

à Saint-Ouen-le-Pin

  • L’église date de l’époque romane comme en témoignent l’appareillage en arêtes de poisson (réalisé en disposant des briques ou pierres plates inclinées à environ 45 degrés en changeant de sens à chaque strate successive de manière à donner l’aspect d’arête de poisson) sur les murs et les moellons au niveau du clocher et du chœur. Hormis ces vestiges, l’église a été remaniée au cours des siècles suivants.

    Le clocher élevé en 1843 forme narthex (portique interne ou vestibule à l’entrée de l’église situé entre l’extérieur et la nef) : il est percé, au rez-de-chaussée, d'une porte à plein-cintre (semi-circulaire) accompagnée de deux pilastres doriques supportant un fronton triangulaire. L'étage supérieur, est éclairé par quatre fenêtres à plein-cintre.

    A l’intérieur, le mobilier de l’église est particulièrement riche avec son maître-autel aux motifs végétalisants de style Louis XV et ses deux anges priant provenant de l’ancienne abbaye cistercienne du Val Richer. Devant les deux retables latéraux dédiés au Nord à Saint Joseph et au Sud à la Vierge sont incrustés des pavés en Pré d’Auge. Le Pré-d'Auge était un village de potiers, près de Lisieux, fabriquant la céramique du Pré-d'Auge jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les suites de Palissy (vaisselle), les pavés et épis de faîtage ont fait sa renommée

    De nombreuses peintures et sculptures sont aussi visibles dans l’église. Dans le chœur, sur le mur sud, un tableau attribué au peintre espagnol Zurbaran représente Saint François d’Assise adorant la croix. Sur le mur sud de la nef, deux tableaux semblent être du XVIIIe siècle : le premier montre Saint Ouen dans sa tenue d’Evêque de Rouen, le second montre une Vierge à l’Enfant endormi.

    Outre les statues présentes traditionnellement dans les églises du Pays d’Auge (Sainte Thérèse, Saint Antoine, Jeanne d’Arc), il convient de noter que l’église de Saint-Ouen-le-Pin abrite, sur le mur sud de la nef, le gisant (sculpture funéraire représentant un personnage couché dans une attitude généralement béate ou souriante) de Sainte Thérèse de Lisieux. L’église a souvent recueilli ses prières quand, enfant, elle venait en vacances chez son oncle et sa tante au Manoir Gosset.

    Les vitraux dateraient du XIXe siècle : ils représentent, entre autres, le Christ, l’Assomption et Saint Sébastien.

    Près du portail s'élève un if de plus de trois mètres de circonférence. Pour les chrétiens, cet arbre, reconnu pour sa longévité, est le symbole du lien entre le ciel et la terre : il symbolise la vie éternelle grâce à son feuillage toujours vert. On le trouve donc aux abords des églises et dans les cimetières.

    Le cimetière abrite la tombe de François Guizot et nombre de ses descendants et leurs conjoints. François Guizot était historien et homme d'État français, membre de l'Académie française et plusieurs fois Ministre sous la Monarchie de Juillet. Il a aussi joué un rôle important dans l'histoire de l'école en France, en tant que ministre de l'Instruction publique demandant la création d'une école primaire par commune et d'une école normale primaire par département, par la loi de 1833. Il fut aussi élu, au début de sa carrière, à la chambre des députés par la ville de Lisieux, siège qu’il conserva durant toute sa vie politique. Il avait acheté dans la commune l’ancienne abbaye du Val Richer qu’il avait transformé en château. Il est le donateur du tableau de la Sainte Famille du retable de l’église représentant la Sainte Famille.

    Conrad et Marcel Schlumberger sont aussi inhumés à Saint-Ouen-le-Pin : les deux frères posèrent les principes, dans les années 1920, de la « diagraphie au câble » (Wireline logging), une technologie encore très largement utilisée dans l'ingénierie pétrolière moderne.
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  • Gratuit