Église Sainte Marie - Le Mesnil-Mauger (Sainte-Marie-aux-Anglais)

à Mézidon Vallée d'Auge

  • En 1973, les communes d’Écajeul, Saint-Crespin, Sainte-Marie-aux-Anglais et le Mesnil-Mauger fusionnent. 6 églises sont ainsi présentes sur le territoire.
    Avec son style roman et ses fresques médiévales, cette église est une des plus anciennes de Normandie.
    L'église ou plutôt la chapelle fut construite pour servir de sépulture à la famille de Sainte-Marie dont le descendant au XIVème siècle était toujours le patron de la chapelle. Les gisants du chœur représentent vraisemblablement des membres de cette famille.
    La chapelle devient au XVIIe et XVIIIe siècles église paroissiale contrôlée par l'Évêché de Lisieux. En 1836, les paroissiens demandent à être rattachés à d'autres églises plus facilement accessibles et le bâtiment, désacralisé, sombre dans un long oubli au risque de s'écrouler. La chapelle est quand même inscrite au titre des Monuments historiques en 1850. Mais la commune obtient l'annulation de l'inscription pour la détruire comme « ruine ». Elle sera sauvée par le châtelain local Monsieur de La Porte.
    La chapelle a été visiblement construite en deux parties, la nef d’abord puis le chœur. Dendrochronologie et études architecturales permettent de dater la nef de 1145 et le chœur de 1220 environ. L’édifice est un exemple du roman typiquement normand. Il comprend une nef à trois travées et un chœur à deux travées. Sa construction est restée telle que son maître d’œuvre l’a conçue au XIIe siècle, ce qui en fait un monument exceptionnel. Seules deux fenêtres gothiques sont venues remplacer deux fenêtres romanes d’origine. Le clocher actuel aurait été édifié entre 1411 et 1455, peut-être y en avait-il un autre avant.
    La façade occidentale de la nef présente une porte romane dont l'archivolte est ornée de motifs en zigzag. Au-dessus, trois fenêtres cintrées, sans colonnes ni moulures, occupent le diamètre de la façade. Les murs latéraux sont couronnés d’une corniche à modillons à figures grimaçantes. Dans le mur latéral Nord, la porte permettait au clergé et au seigneur d’accéder directement au bas de la nef. Son archivolte porte des tores en zigzag formant des losanges. Les mots PIERRES REVEL sont gravés sur la voussure en caractères du XIIIe siècle. À l’extrémité orientale de la nef s’élève un clocher en charpente recouvert en essentes.
    Les nombreuses peintures murales du XIIIe siècle qui ornent l’intérieur de l’église sont le témoignage de l’art décoratif normand au Moyen-Âge. Elles racontent différentes scènes de la vie du Christ : la Nativité, l’Adoration des Mages, la Cène…. La nef comprend différentes scènes « civiles » mais en rapport avec la vie religieuse de l’époque : meurtre de Saint Thomas Becket, scène d’attaque de château-fort inspirée des croisades, légende de Saint Nicolas… Cet ensemble est sûrement la plus grande surface peinte de cette époque encore visible en Normandie et dans un état de conservation aussi remarquable. Toutes les personnes qui ne savaient pas lire apprenaient ainsi l’histoire sainte par l’image.
    La désaffection de l’église a entraîné la disparition quasi-totale de son mobilier.
    D’importants travaux de restauration : rénovation du chœur, du clocher, de la charpente de la nef ont eu lieu en 2017-2018.
  • Tarifs
  • Gratuit